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Résilience et Sécurité Sociétales Le 10 Mai 2010 - Version imprimable
L’année 2009 a été marquée par de nombreuses crises : crise financière puis économique et sociale, crise sanitaire avec l’apparition d’un seuil de pandémie grippale sur un virus de H1N1 qui n’était pas celui attendu et qui a causé plus de dommages « sociétaux » que « sanitaires ». 2010 n’a pas mieux démarré avec une tempête qui cause plus de 50 victimes pour lesquelles les procédures de prévention dans le domaine de l'urbanisme ou encore de l'alerte n’ont pas montré une quelconque efficacité dans un pays où la culture du risque n’est pourtant pas inexistante ; sans oublier ces dernières semaines, la surprise stratégique qu’a constitué un nuage de cendres dans le ciel européen qui a causé un chaos paralysant la vie de plusieurs centaines de milliers de passagers dans le monde et entraînant des coûts de plusieurs milliards d’euros. Qu’y a t-il de commun dans l’ensemble des grandes crises que nous traversons avec une fréquence accrue et des coûts exponentiels ? Plusieurs points : tout d’abord et c’est une banalité de le rappeler, la mondialisation a entraîné une complexification de nos infrastructures et une dépendance accrue aux flux de toutes natures : biens, personnes, communications... Cette complexification n’a pas toujours été associée, pour des raisons de coûts souvent compréhensibles, de mesures de fiabilisation lourdes de nos systèmes, qui demeurent souvent trop fragiles et pas assez redondants, durcis, et ceci, tant face aux risques dits naturels ou technologiques que face aux menaces malveillantes. Cette fragilité de nos systèmes est parfois mal appréhendée par les citoyens. Alors même que aujourd’hui, nos sociétés sont totalement dépendantes des échanges en temps quasi réel. Ainsi, toutes interruptions ou toutes mises en danger peuvent entraîner des pertes humaines, mais surtout économiques, qui deviennent dans une économie très contrainte rapidement insupportables. L’heure est donc à la double tendance de la prévision et de la prévention, quand cela est possible mais aussi de la planification « ouverte » pour mieux anticiper et réagir aux évènements. Dans ce cadre, la planification devient extrêmement complexe puisqu’elle s’inscrit dans une dimension nationale et internationale (aviation, pandémie...), "transecteurs" (public, privé) ainsi que « transjuridictionelle » (citoyen, entreprises, ONG, collectivités, Etats, organisations internationales). Cette complexité nécessite donc un échange rapide de l’information, des concepts généraux de planification et de gestion des situations d’urgences et de crises partagés, plus « pratiques » et intégrés (interopérables, normalisés…) avec pour conséquence des prises de décisions plus lisibles pour tous les acteurs et les populations. Cela réclame un travail et des approches fondamentalement différentes. La gestion des crises et la planification de « permanence d’activité » doivent être plus professionnalisées, faire l’objet de plus d’attention de la part des décideurs publics et privés et appréhendées dans un cadre beaucoup plus large qu’auparavant. Les pouvoirs publics ne peuvent à eux seuls être les garants de la sécurité sociétale, la charge doit être partagée entre tous les acteurs : Etat, Collectivités, Entreprises, Citoyens. Pour ce faire une compréhension globale et un langage commun doivent voir le jour, langage qui n’existe pas encore aujourd’hui. Une des actions du HCFDC est donc de créer du liant entre les différentes couches de la société civile et des structures publiques pour renforcer la notion de résilience nationale. Dans ce cadre, le Haut comité français pour la défense civile a lancé 3 initiatives en 2010 :
Par l’ensemble de ses actions, et en toute indépendance, le Haut comité français pour la défense civile apporte sa pierre au débat et à la formation des cadres de la société française en matière de sécurité sociétale ; notion de sécurité acceptée et partagée par tous et qui est l'un des enjeux majeurs de la qualité de nos modes de vies de demain, dans un monde qui restera très interdépendant.
Christian Sommade
Délégué général du Haut Comité Français pour la Défense Civile
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©2010 - Haut Comité Français pour la Défense Civile
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